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Chronique “RETRO FUTURISME VOLUME II” sur Muzzart

Cinquième album pour le trio de Cestas, Arno De Cea & the Clockwork Wizards, qui perpétue son passage à tabac de la surf-music et donne une digne suite à Retro Futurisme Volume I, paru en avril 2018, en en réalisant le second volet chez les immanquables A Tant Rêver du Roi. Arno De Cea donc (guitar, voice, analog synths), Thierry Causera (Bass guitar and sound effects HH electronics) et Maarten Schepers (Drums & percussions) ne changent (surtout) pas une formule qui gagne, marquée par le brassage du surfy sound avec des bourrades punk-hardcore, noise ou encore garage, et bien entendu évolutive sans perdre de son cachet ni de sa vérité. On embarque donc, on le sait désormais: le bitume, ici, n’est pas des plus lisses. Nombreuses sont les secousses, on roule pied au plancher et on décélère peu mais avec à propos. Souvenirs du futur, au moment présent, catapulte sa rythmique sur le haut de la vague. Il laisse ses plans surf, superbes, s’exprimer. Inventif, le groupe pratique depuis un bail, déjà, et n’a pas l’intention de le résilier. Ca serait créer le manque tant ses ouvrages, profondément personnels, le démarquent. Flux stellaire, de par ses sons spatiaux et agités, instaure un second trip perché, qui très vite passe la surmultipliée. Un chant sauvage s’invite, son apport est audible. J’aimerais d’ailleurs, et ça n’engage que moi, qu’il survienne plus souvent.

Il n’empêche: chant ou pas, les gaillards tutoient le meilleur de nos scènes. Forts de leur nouveauté et, bien que celle-ci soit maintenant établie, ils crachent des formats courts et efficients. Ils ont le bon goût de les tempérer, ne se bornant absolument pas à tracer sans penser. Ainsi The Moon harbour Blues, plus planant, apporte t-il un plus à ce RETRO FUTURISME VOLUME II digne de sa structure d’appartenance. Il fait respirer l’ensemble, le fait voleter, sans en écorner l’excellence. De ce fait on se cogne ensuite le remonté Bronzage désintégral, bref et secoué, avec un plaisir non feint.

Arno De Cea & the Clockwork Wizards m’évoque, d’ailleurs, Marvin en plus surf. Dans l’esprit du moins et vous l’aurez compris, le rapprochement plaide pour le trio. Guitares bourrues, rythmique wild et sonorités plus célestes complotent pour tirer de leur union la meilleure des potées. Un cru Girondin aux incrustes subtiles (Maï Taïson, poppy-surf bluffant de beauté). Aussi brut que finement ciselé, l’opus est un joyau. Traqué par le temps, sauvé par l’espace, il se remet à balafrer la surf, à lui conférer vitesse et imagination instrumentale. Saturne = hula hoop éternel, qu’y disent. Tu m’étonnes Elton, ça tonne! C’est aussi cosmique, mais de manière tripale et bagarreuse. Batterie-cascade, sons géniaux à tout-va, changements de sentiers accouchent d’un final imparable.

Avec Maelström chromatique, tel un Dick Dale les deux doigts dans la prise, on vire au pesant, dans la cadence, puis au finaud alerte. Le tout sans trembler ni peiner. De Cea et ses complices, c’est une certitude, manient leur registre avec l’assurance des références. On n’écarte pas la mélodie, elle a ici son rang et jamais ne dérange. Au regard des probabilités exponentielles, on opte pour une galopade punk chantée, urgente, qui envoie tout gicler. Magistral, sans courbettes, le morceau annonce une fin d’album qui elle aussi montre les crocs. Il offre, par ailleurs, un passage modéré du plus bel effet.

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Photo Rachel The Road Crew

Sur la fin donc, Au Sud Ouest de nulle part, bien bel endroit dès lors qu’on en explore la teneur sonore, nous joue sept minutes de classe. D’abord belles, climatiques. Sa montée en puissance se fait sans hâte, puis c’est le séisme. On fait rage, avec maestria, en alertant les ambiances. Tout est en place, parfaitement édifié. C’est à The song that wouldn’t die #, plus directement furieux, que revient la mission de clore la fête. Il le fait dans le trépidant, non sans grâce, toutefois, dans ses notes. Arno De Cea & the Clockwork Wizards frappent à nouveau fort et juste, leurs ruades RETRO FUTURISTES sont des plus accomplies et dynamisantes que l’on puisse trouver. En plus d’un artwork lui aussi intéressant, ce qui a pour conséquence d’accroitre l’accroche générée par le projet.

Bandcamp Arno de Cea & the Clockwork Wizards / Bandcamp A Tant Rêver du Roi

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